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Pina Bausch
et le Tanztheater de Wuppertal
Elle est l’une des forces créatrices les plus importantes et influentes du XXe siècle. Pina Bausch n’a pas seulement révolutionné les codes de la danse par une rupture esthétique fondamentale, elle a imposé une forme de spectacle inédite et magistrale mêlant intimement danse et théâtre. Dans le monde entier, nous pouvons aujourd’hui mesurer les impulsions fondatrices que ce théâtre dansé a inspirées, tant dans le domaine chorégraphique et théâtral que dans celui de l’opéra et du cinéma.
C’est en 1973 que la danseuse et chorégraphe allemande prend la direction du ballet de l’opéra de Wuppertal. Elle s’installe dans le lieu avec les danseurs de sa compagnie, qu’elle rebaptise Tanztheater Wuppertal Pina Bausch. Durant plus de trente années de création soutenue, la longévité de son génie s’avère inépuisable tant elle enchaîne les chefs d’œuvre, de Café Müller au Sacre du printemps, de Ein Stück von Pina Bausch à Nelken, en passant bien sûr par Kontakthof. Chaque année, en un rythme immuable, elle engrange une nouvelle création, tout en préparant la reprise d’au moins trois pièces du répertoire, pour sillonner les capitales du monde entier. Tel est le destin exceptionnel de Kontakthof, créé en 1978, et recréé en 2002.
Le Tanztheater va à la racine des sentiments pour dire le chaos, l’éclatement, l’envers des apparences, des certitudes. Par un art du détail et de l’universel, il nous raconte la banale mesquinerie d’hommes et de femmes angoissés par la solitude et tenaillés par un désir d’amour maladroit. Jamais sur scène n’avait jailli avec autant de violence et de force la vie quotidienne, passée au scalpel par de formidables danseurs. Au lieu de sublimer le geste dans l’harmonie d’un mouvement, ils esquissent les ratages ordinaires, dénoncent la gaucherie et l’hypocrisie de la bonne tenue. C’est dur, c’est âpre, et pourtant on rit souvent. Car Pina Bausch insuffle à ses spectacles un incoercible élan vital, nourri d’humour, de rêve et de stupéfiante beauté. Elle a réussi à métamorphoser une œuvre vibrante de colère et de désespoir en une œuvre d’amour. La grande dame de Wuppertal, taxée à ses débuts d’« anarchiste de la danse », s’est placée au firmament des grands poètes de la scène et n’a de cesse de montrer, avec une insolente bonté, que le monde est socialement intolérable et esthétiquement bouleversant.
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cette saison :
Kontakthof : 27, 29 et 30 octobre
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+ d'information sur Pina Bausch sur le site :
www.pinabausch.de
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