Jean-Pierre Siméon
Jean-Pierre Siméon est écrivain, dramaturge, enseignant, fondateur des Langagières de Reims, responsable de collection aux éditions Cheyne, où il a publié une douzaine de recueils poétiques, critique littéraire et dramatique au journal L’Humanité. Il est également chargé du théâtre à la « mission des arts et de la culture » du ministère de l’Éducation nationale ; dans ce cadre, il est amené à s’exprimer sur la poésie à l’école.
En 1999, il publie Stabat Mater Furiosa. Stabat Mater, car il s’agit d’une femme seule en scène, qui pousse un cri face à l’horreur de la guerre, à l’image de la Vierge face à la passion du Christ. Furiosa, car il s’agit d’un cri de révolte et non d’une complainte. « À d’autres le pathétique qui s’accommode de la fatalité ! » affirme l’auteur. « Stabat mater furiosa et non dolorosa… ». Au final, donc, un cri d’exaspération, de résistance, contre la brutale bêtise de la guerre, contre la violence, contre l’ivresse de la tuerie. Le texte est poignant, sans appel : « Je rêve d’une parole dont on ne se remet pas, non en raison de sa violence, mais parce qu’elle porte en elle une évidence sans réplique. ». Ce texte fut mis en scène pour la première
fois par Christian Schiaretti, collègue et complice de l’auteur,
le 24 mars 1999, à l’heure même où les premières bombes tombaient sur la Yougoslavie.
Suivent les Soliloques, textes écrits et joués pour la première fois à la Comédie de Clermont-Ferrand, dans une mise en scène de Jean-Philippe Vidal. Ce dernier travaillait sur un texte de Jehan Rictus (XIXe siècle) : Le Revenant, sur les « gueux »,
les clochards d’antan. En remarquant la contemporanéité de
ce sujet, Jean-Philippe Vidal a souhaité une parole traitant de la réalité d’aujourd’hui, et a demandé à Jean-Pierre Siméon et Pierre Vignau de mettre cette parole par écrit. Ils ont conservé la forme du soliloque, et le thème de la misère, en l’adaptant à notre époque, et en traitant des exclus de nos sociétés. Cette langue d’aujourd’hui fait écho au texte rédigé il y a plus d’un siècle. Bien qu’écrits sans la moindre ponctuation, les textes sont cependant extrêmement rythmés, et deviennent, une fois prononcés, scandés comme un chant de lutte. À plusieurs égards, l’écriture rappelle La nuit juste avant les forêts de Koltès. La forme est la même : une personne dans la rue interpellant une autre, débitant dans un flot de paroles et d’idées, sans pause, sans ponctuation, sa douleur et sa détresse.
Cyrille Frandon, Philanthrope
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Jean-Pierre Siméon, un poète
Ya Basta
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