Kaija Saariaho, compositrice associée |
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Finlandaise, vivant en France depuis vingt-cinq ans, Kaija Saariaho s’affirme comme l’une des figures majeures des compositeurs de notre temps. L’air est son élément, l’espace sa quête continuelle. Ses sources d’inspiration puisent autant dans la poésie que dans la peinture ou le cinéma. D’où une partition qui évolue, tel un tableau impressionniste, entre nature et art, domaines visuels et sonores. Les mots avec lesquelles elle évoque sa recherche musicale sont simples, concrets : « Mon premier souvenir de composition, c’est la tentative de noter une musique « nerveuse et jaune » que j’avais en tête et que je ne parvenais pas à écrire. » Car sa musique ne fonctionne pas selon les données traditionnelles de mélodie et de rythmique : elle donne l’impression d’une existence immédiatement organique, dont l’écriture est fondée sur la matière même du son, développant un sens harmonique raffiné et une sensibilité très particulière pour le timbre. Éminente collaboratrice de l’Ircam depuis 1982, Kaija Saariaho explore, aux côtés de Jean-Baptiste Barrière, la dimension électronique dans la plupart de ses œuvres, hier sous forme de bande enregistrée, aujourd’hui à partir de séquences informatisées qui transforment le son en direct. Dans son abondante production, deux traits essentiels ont marqué toute sa carrière. Le premier réside dans sa relation privilégiée et fructueuse avec des artistes tels que le chef d’orchestre Esa-Pekka Salonen, le violoncelliste Anssi Karttunen, la flûtiste Camilla Hoitenga ou encore la soprano Dawn Upshaw, qui ont tous joué un rôle considérable dans la gestation et la diffusion de sa musique. Le deuxième est son souci de composer ce qu’elle est capable d’imaginer, d’entendre intérieurement : sa vie, son présent, sa mémoire, ses inquiétudes et ses espoirs. Chez elle, rien d’abscons, bien que les règles d’écriture qu’elle développe puissent être hautement abstraites : tout est d’abord sensible et donc ouvert à celui qui l’écoute.
Au cours de cette première saison de collaboration, cinq rendez-vous ont été imaginés par Kaija Saariaho afin de saisir les différentes facettes de son œuvre. Nous découvrirons le jeu incomparable d’Anssi Karttunen accompagné du flûtiste Mario Caroli, le chœur d’enfants de Tapiola, la nouvelle création de Carolyn Carlson, un programme exceptionnel de l’Orchestre d’Auvergne auquel se joint Camilla Hoitenga ainsi qu’un hommage à Messiæn rendu par Les Jeunes solistes, sous la direction de Rachid Safir. |
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