« Que signifie un homard ? ». Cette question absurde et pourtant cruciale dans le texte de Jan Lauwers donne le ton du deuxième volet de la trilogie Sad Face|Happy Face. Dans un monde instable, où l’excitation et la violence le disputent à l’ennui, Axel et sa femme Theresa viennent de perdre leur fils. Face à cet anéantissement insondable, Axel décide de faire ses adieux à la vie. Il met son plus beau costume et se rend pour une dégustation dans son restaurant préféré, Le Bazar du homard. Mais le serveur trébuche et le homard à l’armoricaine atterrit sur le costume blanc d’Axel. Celui-ci voit son rituel s’évaporer et sa vie entière lui sauter au visage. Le drame se transfigure en épopée délirante, dans un tourbillon de chants et de danses. Huit superbes interprètes, aux costumes aussi étranges, drôles que raffinés, célèbrent la polyphonie de la vie dans un dédale de situations éclatées entre rêve et réalité. Si Jan Lauwers pose la question de l’humanité et de la déshumanisation, à travers les tourments d’un XXIe siècle embrasé où chacun peine à se définir, c’est en plaidant en faveur de la beauté et de l’imprévisible, de la bouleversante légèreté de la vie.